
Chloris chloris — Un granivore des vergers, lisières et jardins
Nom et identité
Le Verdier d’Europe, également nommé al-khudayri dans le guide libanais, est Chloris chloris, un Fringillidé de l’ordre des Passeriformes. Certaines références anciennes emploient Carduelis chloris : il s’agit du même oiseau, et non d’une autre espèce. AviList 2026 retient Chloris. Son aire naturelle couvre une grande partie de l’Europe, de l’Afrique du Nord et de l’Asie occidentale ; des populations introduites existent ailleurs. Son nom français n’exclut donc pas des populations indigènes nicheuses dans les pays arabes.
Identification
Le corps trapu, le gros bec conique et la queue courte légèrement échancrée sont caractéristiques. Le mâle est vert olive, avec du jaune bien visible aux ailes et aux côtés de la queue. La femelle est plus grise et brune, mais conserve ces plages jaunes ; le juvénile lui ressemble avec des stries plus marquées. Le Chardonneret élégant possède un masque rouge et une tête noire et blanche ; le Tarin des aulnes est plus petit, plus fin et davantage strié, avec un bec plus délicat. Lumière et usure des plumes modifient les couleurs : silhouette, bec et marques jaunes doivent être examinés ensemble.
Habitat, alimentation et comportement
Il fréquente vergers, jardins, bois clairs, lisières et cultures parsemées d’arbres et d’arbustes. Les végétaux dominent son alimentation, notamment les graines d’herbacées, d’arbres et d’arbustes. Son bec puissant lui permet d’exploiter des graines plus dures que celles accessibles à beaucoup d’oiseaux à bec fin. Il passe du sol aux branches et aux plantes en graines ; hors reproduction, il forme des groupes parfois mêlés à d’autres fringilles. Le mâle chante depuis un perchoir dégagé, alternant phrases répétées et sons prolongés, nasillards. Sa présence près des habitations traduit la disponibilité de nourriture et d’abris, sans rendre nécessaire un nourrissage artificiel partout.
Reproduction et soins aux jeunes
La femelle construit un nid en coupe dans un arbre ou un arbuste, avec des matériaux végétaux et une garniture plus fine. Le BTO indique habituellement quatre ou cinq œufs et une incubation d’environ 14 jours assurée par la femelle, nourrie par le mâle. Les poussins reçoivent une nourriture régurgitée comprenant des graines, d’abord de la femelle puis également du mâle. Ils quittent le nid vers 14–16 jours et restent nourris pendant le développement de leur vol et de leur recherche alimentaire. Plusieurs nichées sont possibles. Ces durées sont indicatives ; au Liban, le guide de 2026 situe la reproduction de mi-mars à mi-août, selon site, altitude et conditions.
Répartition et migration dans le monde arabe
Des populations indigènes vivent au Maroc, en Algérie, en Tunisie et au Levant ; l’aire atteint le nord de l’Irak. AviList mentionne aussi le nord-est de l’Égypte et des mouvements hivernaux des populations levantines vers le Sinaï et l’Égypte. Au Liban, il est très commun comme nicheur résident et en hiver, avec un passage moins abondant au printemps et en automne. Une observation en novembre ne correspond donc pas nécessairement à un migrateur nouvellement arrivé. La liste koweïtienne le considère, à l’inverse, comme occasionnel. Cette migration partielle varie selon les populations : certaines descendent du nord, d’autres restent sédentaires ou se déplacent localement.
Rôle écologique et conservation
Les données d’AviList 2026 le classent mondialement en Préoccupation mineure. Maladies, disparition des habitats, chasse et capture peuvent néanmoins affecter les populations locales. Des travaux britanniques ont relié un fort déclin à la trichomonose ; cette observation géographique ne constitue pas un diagnostic pour les oiseaux du Liban. Il convient d’éviter les points de nourrissage sales ou surchargés, et de préserver arbres, arbustes et bordures riches en graines. L’espèce illustre l’intérêt des jardins et vergers diversifiés pour la faune. Des comptages répétés sur des sites constants renseignent mieux sur les changements locaux qu’une observation isolée.
Références
AviList Core Team — AviList v2026, 20 October 2026.
Ramadan-Jaradi & Itani — Birds of Lebanon: A Photographic Guide to 409 Species, second edition, UNDP, 2026.
Kuwait Ornithological Rarities Committee — Kuwait Bird List.
British Trust for Ornithology — BirdFacts: Greenfinch.
Royal Society for the Protection of Birds — Greenfinch.
New Zealand Birds Online — European greenfinch: breeding and parental care.
Photo: Лариса Артемьева — CC0 1.0.