
Un petit amateur de graines, migrateur automnal et hivernant variable dans le monde arabe
Identité et reconnaissance
Le Tarin des aulnes Spinus spinus est un petit Fringillidé, autrefois souvent placé dans le genre Carduelis. Les références arabes emploient «حسون الشوك»; le guide naturel du Qatar donne la variante «حسون الشوكة الأوربي». Le mâle est jaune verdâtre, avec calotte et menton noirs et ailes sombres barrées de jaune. La femelle est plus grise et striée, sans calotte noire nette. Les jeunes sont encore plus striés et moins jaunes. La queue courte et fourchue montre des côtés jaunes; le bec conique fin extrait de petites graines.
Espèces proches
Le Verdier d’Europe est plus massif et son bec bien plus puissant. Le Serin cini possède un bec plus court et trapu, tandis que les côtés jaunes de la queue et les barres alaires ressortent chez le tarin. Sexe et âge modifient les marques noires de la tête: leur absence chez une femelle ou un jeune ne suffit pas à écarter l’identification. Suivre l’oiseau lorsqu’il escalade ou suspend son corps aux rameaux permet une observation plus sûre qu’une simple silhouette jaune entre les feuilles.
Milieux, alimentation et comportement
La reproduction est surtout associée aux boisements de conifères. Hors nidification, aulnes, bouleaux, jardins et parcs favorables offrent d’autres ressources. Les oiseaux retirent les graines des cônes et chatons, parfois la tête en bas, puis ramassent celles tombées au sol. Les bandes sont mobiles, bruyantes et volent en ondulations. Certaines populations sont sédentaires, d’autres migratrices; la migration devient généralement plus marquée vers le nord. EURING documente des déplacements atteignant l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, avec des variations selon l’origine des oiseaux et les ressources alimentaires.
Reproduction et cycle annuel
Le nid est dissimulé dans les branches d’un arbre, souvent un conifère, et comprend fins rameaux, mousses et matériaux souples. La ponte habituelle compte quatre ou cinq œufs, couvés par la femelle. Le BTO donne généralement 12 à 13 jours d’incubation et 13 à 15 jours de séjour au nid. Les soins se poursuivent après l’envol et des ressources favorables permettent plusieurs nichées. Ces données concernent les aires de reproduction connues, alors que les observations arabes décrivent surtout hivernants et migrateurs de passage.
Présence et saisons dans le monde arabe
Au Liban, la liste de 2020 décrit un passage automnal de fin octobre à fin novembre et un hivernage de décembre à mi-février, notamment dans les conifères du mont Liban et de la Béqaa. La Jordanie le classe comme hivernant, tout comme la liste marocaine de 2017. Sa présence devient moins régulière vers l’est et le sud: la liste koweïtienne actualisée en 2026 mentionne un hivernant rare et le guide qatari un visiteur accidentel. La fin octobre convient donc à la recherche des premiers migrateurs au Liban, avec des différences importantes entre pays et années.
Écologie et conservation
Consommateur de graines, le tarin participe aux réseaux alimentaires forestiers et des jardins. Sa présence dépend de la diversité des arbres et de leur production saisonnière. Son statut mondial actuel est Préoccupation mineure. Les comptages hivernaux doivent tenir compte de sa mobilité: une bande absente peut avoir rejoint une autre ressource. Maintenir des peuplements variés et des habitats nourriciers pendant le froid lui est favorable. Noter espèce, effectif, date et milieu donne une vision plus juste qu’une observation isolée comparée à toute une année antérieure.
Références
AviList — The Global Avian Checklist, v2026
BTO — BirdFacts: Siskin
Naturalis Biodiversity Center — Spinus spinus
Vogelbescherming Nederland — Sijs
EURING/CMS — Eurasian-African Bird Migration Atlas: Eurasian Siskin
Ramadan-Jaradi et al. — Updated checklist of the birds of Lebanon, Sandgrouse 42, 2020
Jordan BirdWatch — Jordan Bird List
Bergier et al. — Liste des oiseaux du Maroc, 2017
KORC — Kuwait Bird List, September 2026
Qatar eNature — حسون الشوكة الأوربي
Photo : Estormiz — CC0-1.0.