Le jour où le roi de Jérusalem mourut en chassant les lièvres

Illustration générée par IA du roi Foulques étendu à terre après sa chute de cheval, avec un compagnon à ses côtés et la reine et sa suite à l’arrière-plan.
Image d’illustration générée par IA.

En 1142, Foulques, roi du royaume croisé de Jérusalem, et son épouse, la reine Mélisende, séjournaient à Acre lorsque la reine souhaita se promener hors de la ville. Le roi et sa suite l’accompagnèrent vers un lieu situé à l’extérieur d’Acre, où des jardins et des champs étaient irrigués par plusieurs sources.

En chemin, des garçons qui précédaient le cortège firent lever un lièvre caché dans les sillons. Des cris s’élevèrent parmi les personnes présentes, et le roi saisit sa lance et pressa son cheval de poursuivre le lièvre.

Mais le cheval tomba dans son élan et projeta le roi à terre. Selon l’historien Guillaume de Tyr, la selle heurta la tête du roi Foulques, lui infligeant une grave blessure. Ses compagnons se précipitèrent vers lui et le trouvèrent incapable de parler et inconscient. Le désarroi s’empara du cortège et la reine fut saisie de chagrin, tandis que la nouvelle de l’accident parvenait aux habitants d’Acre.

Le dernier retour à Acre

Foulques fut transporté en ville alors qu’il respirait encore. Le récit indique qu’il demeura inconscient pendant trois jours, puis mourut le quatrième. Son corps fut ensuite conduit à Jérusalem, où il fut inhumé dans l’église du Saint-Sépulcre.

Foulques gouvernait le royaume croisé de Jérusalem aux côtés de Mélisende, qui détenait le droit héréditaire sur le royaume. Après sa mort, la reine continua d’exercer le pouvoir alors que leur fils Baudouin était encore jeune.

Les sources divergent sur la date de sa mort. Le texte de Guillaume de Tyr indique l’année 1142, tandis qu’une étude de l’historien Bernard Hamilton privilégie novembre 1143, en s’appuyant sur la chronologie des événements de la famille royale. Les indications du récit divergent également quant au jour exact du décès.

Sources d’eau et sillons de labour

La description de Guillaume donne à l’incident un cadre qui dépasse le récit de la poursuite. Le lieu de destination, tel qu’il apparaît dans la traduction française, était irrigué par plusieurs sources, et le lièvre sortit d’un terrain marqué de « sillons de labour ».

Ces détails dessinent une scène des environs d’Acre, où l’eau et les terres labourées faisaient partie du lieu traversé par le cortège. L’historien ne nomme pas cet endroit, mais il conserve une image fugitive de la campagne autour de la ville : un roi à cheval, un lièvre qui sort de sa cachette et une courte poursuite qui changea le destin du pouvoir.

Sources : Guillaume de Tyr, Histoire des faits et gestes dans les régions d’outre-mer, livre XV, chapitre 27, et la traduction française, p. 443–445 ; et Bernard Hamilton, « Les reines de Jérusalem, 1100–1190 ».

Illustration générée par intelligence artificielle, inspirée de l’accident de Foulques près d’Acre.