
Aythya fuligula — un canard plongeur de passage et des eaux hivernales
Identité et noms
Le Fuligule morillon est un canard plongeur de la famille des Anatidae et de l’ordre des Anseriformes, nommé scientifiquement Aythya fuligula. Les références arabes emploient « Batta Qanbaraa » ; les sources saoudiennes et libyennes donnent aussi « Abou Khousla », tandis que la liste koweïtienne utilise « al-Hadhaf al-Mouqanza ». Ces noms documentés désignent une même espèce, non des espèces distinctes. Le terme plongeur décrit son alimentation et ne le rattache pas à la famille des grèbes.
Reconnaître mâles, femelles et jeunes
Chez le mâle adulte, la tête, la poitrine et le dos noirs contrastent avec les flancs blancs. Une huppe pend derrière la tête, qui peut présenter un reflet violet selon la lumière. L’œil est jaune et le bec gris bleu à large extrémité noire. La femelle est surtout brun foncé, avec des flancs plus clairs et une huppe beaucoup plus courte ; une zone blanche variable peut entourer la base du bec. Le dessin facial ne suffit donc pas à l’identification.
Les jeunes paraissent plus ternes et peuvent conserver durant leur premier hiver des plumes juvéniles des ailes étroites et brunes, différentes de celles des adultes ; déterminer l’âge à distance reste délicat. Les mâles deviennent aussi moins contrastés en plumage d’éclipse après la reproduction. En vol, les deux sexes montrent une barre alaire blanche marquée. Le mâle du Fuligule milouinan Aythya marila a le dos gris, non noir. Pour les femelles, il faut comparer ensemble huppe, silhouette de la tête, dos et dessin du bec, sans attendre une huppe évidente chez chaque oiseau.
Milieux, alimentation et comportement
Il fréquente lacs, étangs et réservoirs, y compris artificiels, et parfois des eaux littorales abritées. Les surfaces dégagées pour nager sont importantes, sans supprimer le besoin de berges convenant au repos ou à la nidification. Il plonge pour capturer mollusques et invertébrés aquatiques et consomme aussi graines et matières végétales : il n’est exclusivement ni carnivore ni végétarien.
Il peut se joindre à d’autres canards et rester longtemps au repos ou endormi sur l’eau. Un groupe calme ne signifie pas que le site n’est pas utilisé pour se nourrir : une courte visite ne révèle pas tout son cycle d’activité. Noter les effectifs, les comportements et l’état des eaux est plus instructif que relever seulement le nom de l’espèce.
Répartition et présence dans les pays arabes
Il niche dans une grande partie de l’Eurasie, et les populations migratrices hivernent au sud de leurs régions septentrionales de reproduction. Les déplacements ne sont pas identiques partout : certaines régions britanniques accueillent des oiseaux sédentaires renforcés par des arrivées hivernales, ce qui montre pourquoi le statut d’un pays ne doit pas être transposé à un autre.
En Arabie saoudite, c’est surtout un hivernant d’octobre à février et un migrateur de passage rare ; la référence saoudienne ne signale pas de reproduction dans le royaume. Quelques individus peuvent rester l’été sans que cela prouve la nidification. La liste officielle du Koweït le classe comme migrateur de passage et hivernant rare. Le guide d’Oman le donne comme hivernant, tandis que les rapports des Émirats arabes unis documentent sa présence hivernale, notamment sur certains lacs.
Au Liban, c’est un migrateur de passage peu commun dans les zones humides de la Bekaa de mi-septembre à fin novembre, avec quelques hivernants. L’atlas libyen des oiseaux d’eau hivernants documente une présence limitée durant les comptages de 2005–2010 ; il s’agit d’une période d’étude définie, non d’un recensement actuel. L’AEWA signale aussi sa présence au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte et en Irak, mais une inscription nationale ne précise ni l’abondance ni la saison de chaque site.
Reproduction et cycle de vie
Le nid est construit de végétaux près de l’eau, parfois sur un îlot ou parmi les herbes. La femelle pond généralement 8 à 11 œufs et les incube environ 25 jours. Les poussins naissent couverts de duvet et mobiles ; ils deviennent habituellement capables de voler vers 45 à 50 jours. Ce sont des durées typiques, non un calendrier fixe pour chaque nid. Elles ne constituent pas un calendrier de reproduction arabe : la présence régionale décrite ici relève surtout du passage et de l’hivernage.
Fin octobre et conservation
La fin octobre correspond au passage automnal au Liban et à la fenêtre de présence hivernale indiquée pour l’Arabie saoudite. C’est donc un moment pertinent pour découvrir l’espèce, sans prétendre à une arrivée simultanée dans tout le monde arabe. L’évaluation mondiale de 2025 la classe en Préoccupation mineure (LC), avec une tendance générale des effectifs à la baisse ; cette catégorie ne signifie pas absence de pressions. Les risques comprennent la dégradation des zones humides, la pollution, le dérangement et la chasse. La protection concrète dépend d’eaux adaptées et de secteurs de repos tranquilles. Observer à une distance qui ne provoque pas la fuite, sans poursuivre les oiseaux pour voir leur huppe ou leur barre alaire.
Références
BirdLife International, évaluation 2025 ; BTO BirdFacts ; RSPB ; Cornell Lab of Ornithology ; guide de Blasco-Zumeta et Heinze ; AEWA ; The Birds of Saudi Arabia via Saudi Nature ; liste officielle des oiseaux du Koweït ; Field Guide to the Birds of Oman ; rapports ornithologiques des Émirats arabes unis ; Updated checklist of the birds of Lebanon ; Atlas of wintering waterbirds of Libya, 2005–2010. Informations vérifiées le 26 octobre 2026.
Photo : Terry Hughes — CC0 1.0.