
Des données du nord du Wisconsin relient le choix du territoire de reproduction à l’aménagement des rives du lac natal et révèlent une réaction différente à l’approche de l’éclosion.
Le premier lac d’un oiseau pourrait laisser une empreinte durable sur le choix du suivant. C’est ce que suggère une nouvelle étude sur le plongeon imbrin (Gavia immer), menée dans le nord du Wisconsin : les oiseaux se sont installés pour se reproduire dans des territoires ressemblant à leurs lacs natals par le degré d’aménagement des rives.
L’étude a été publiée dans Behavioral Ecology le 17 octobre 2026 sous la forme d’un manuscrit accepté, avant révision éditoriale et mise en page définitives. Elle est signée par Emily Renkey, Katie Adler et Daniel Blumstein, de l’Université de Californie à Los Angeles, ainsi que par Walter Piper, de l’Université Chapman.
Le premier lac comme point de référence
Les chercheurs se sont appuyés sur une population d’oiseaux marqués, suivie dans le cadre d’une étude à long terme dans le nord du Wisconsin entre 1992 et 2023. Ils ont examiné les liens entre l’aménagement des rives et l’activité humaine, le choix du territoire de reproduction et le comportement de défense du nid.
La similitude du degré d’aménagement des rives constitue l’un des résultats marquants. Les chercheurs y voient un indice d’imprégnation par l’habitat natal : les caractéristiques de l’environnement précoce serviraient de référence lors du choix ultérieur d’un habitat de reproduction. Il s’agit de choisir un milieu similaire, sans nécessairement revenir au même lac.
À l’approche de l’éclosion, moins de départs du nid
Dans un autre volet de l’étude, l’équipe n’a pas constaté d’effet de l’aménagement des rives sur la distance à laquelle un plongeon quittait son nid à l’approche d’humains. En revanche, les oiseaux qui couvaient étaient moins susceptibles de quitter le nid vers la fin de l’incubation.
Les chercheurs estiment que cette réaction est cohérente avec un investissement accru dans la protection d’une tentative de reproduction lorsque l’éclosion approche. Ce résultat concerne le comportement de départ du nid dans les conditions de l’étude ; il ne démontre pas que l’aménagement des rives ou l’approche humaine sont sans danger pour les oiseaux.
Les oiseaux réagissent-ils aux humains ou à la nourriture ?
La correspondance entre les lacs natals et les lacs de reproduction ne permet pas de déterminer précisément les caractéristiques reconnues par les oiseaux. Les chercheurs avancent une autre possibilité : les plongeons imbrins rechercheraient des lacs abritant un ensemble d’espèces de poissons qui leur est familier, plutôt que d’être attirés par le niveau d’activité humaine lui-même.
Cela reste une explication possible, et non une cause démontrée par les résultats. La distinction est importante : choisir un lac aux caractéristiques familières ne signifie pas qu’un oiseau préfère les constructions ou échappe à leurs effets.
Choisir un habitat ne garantit pas sa sécurité
Dans le contexte de la conservation de l’espèce, le Loon Preservation Committee du New Hampshire explique que l’aménagement des rives et des îles a réduit l’habitat de nidification sur de nombreux lacs. L’approche humaine peut aussi pousser les oiseaux qui couvent à gagner l’eau, laissant leurs œufs exposés aux prédateurs, à la chaleur ou au froid.
L’étude du Wisconsin apporte un éclairage comportemental : le milieu dans lequel un oiseau a grandi peut influencer ses choix ultérieurs, même lorsqu’il comprend une présence humaine. Mais ces travaux portent sur une espèce et une région précises. Ils ne suffisent pas à étendre le résultat aux autres oiseaux ou aux zones humides de la région arabe.
Sources: Étude originale : Renkey et ses collègues, Behavioral Ecology, 17 octobre 2026؛ Loon Preservation Committee : les menaces pesant sur les plongeons؛ Photographie et provenance : John Picken / Wikimedia Commons؛ Licence de la photographie : Creative Commons Attribution 2.0
Photo : John Picken, via Wikimedia Commons, sous licence CC BY 2.0. · CC BY 2.0

