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Le Chevalier gambette, des pattes rouges au bord des eaux hivernales

Chevalier gambette marchant sur la vase à Dohat Arad, à Bahreïn
Chevalier gambette

Des pattes rouges et un large bord postérieur blanc à l’aile distinguent ce limicole présent dans de nombreuses zones humides arabes en migration et en hiver.

Nom et classification

Le Chevalier gambette, Tringa totanus, appartient à la famille des Scolopacidae et à l’ordre des Charadriiformes. Son nom anglais est Common Redshank. Associé aux eaux peu profondes, il diffère du Chevalier arlequin, Tringa erythropus, qui peut lui ressembler hors période de reproduction.

Identification et différences d’âge

L’adulte possède des pattes rouges ou rouge orangé et un bec à base rouge et pointe sombre. Le dessus est gris-brun, davantage marqué en plumage nuptial ; le plumage hivernal est plus uniforme. En vol, un large bord postérieur blanc à l’aile constitue un critère important, au-delà de la seule couleur des pattes.

Les jeunes ont des bordures de plumes claires et tachetées ; leurs pattes peuvent être moins rouges que celles des adultes. Les sexes se ressemblent. Le Chevalier arlequin a un bec plus long et plus fin et ne présente pas le même large bord blanc à l’aile. Il faut donc associer forme du bec, dessin alaire et silhouette plutôt que se fier à un seul caractère.

Alimentation et comportement d’alarme

Il fréquente estuaires, marais salés, vasières, berges lacustres et prairies humides. Il capture de petits invertébrés en surface ou sonde le substrat avec son bec. Sur le littoral, les possibilités d’alimentation évoluent avec l’émersion des vasières et le retrait de l’eau ; des reposoirs sûrs sont nécessaires lorsque les zones de nourrissage sont submergées.

C’est un oiseau sonore, qui peut émettre des sifflements nets lorsqu’il est dérangé. Hors reproduction, il côtoie d’autres limicoles ; les couples nicheurs défendent les alentours de leur nid et peuvent participer à une alarme collective.

Reproduction et cycle de vie

Il niche dans une grande partie de l’Eurasie, pas uniquement près de la mer : prairies détrempées et marais sont des habitats de reproduction importants. Le nid au sol est dissimulé dans la végétation et la ponte compte généralement quatre œufs. Les poussins quittent le nid et commencent tôt à se nourrir, mais ont besoin de la protection parentale et d’un couvert végétal pour se cacher.

Après la reproduction, les oiseaux gagnent les étapes migratoires et les quartiers d’hiver ; distances et itinéraires varient selon les populations. Certains non-nicheurs restent sur les sites d’hivernage en été : une observation estivale ne révèle donc pas automatiquement un nid.

Répartition arabe et saisonnalité

Les références libanaises attestent son passage et son hivernage ; celles du Qatar et d’Oman le décrivent comme migrateur et hivernant régulier. La Liste rouge nationale émiratie documente une population non nicheuse ; des références sur les zones humides irakiennes et égyptiennes mentionnent également l’espèce.

En Afrique du Nord, il figure parmi les oiseaux d’eau hivernants, notamment sur des sites libyens, mais le guide régional d’identification des oiseaux d’eau signale également une nidification locale en Tunisie et en Libye. Sa présence arabe n’est donc pas exclusivement hivernale. L’automne renouvelle l’intérêt des berges et espaces intertidaux avec l’arrivée des migrateurs, sans supposer une date unique ni une abondance identique dans tous les pays.

Rôle écologique et conservation

Il relie les invertébrés de la vase aux oiseaux prédateurs et dépend de zones humides propices à l’alimentation, à la reproduction et au repos. Son classement mondial « Préoccupation mineure » (LC) n’exclut pas des déclins locaux ou régionaux. Drainage des prairies humides, transformation du littoral, pollution et dérangement sont des pressions à suivre. La protection des sites d’hivernage doit accompagner celle des habitats de reproduction sur son aire migratoire.

Références

Sources : BirdLife International ; British Trust for Ornithology ; Agence fédérale allemande pour la conservation de la nature ; Liste rouge nationale des oiseaux des Émirats arabes unis ; Qatar e-Nature ; guide régional d’identification des oiseaux d’eau ; références des îles des Palmiers, de Libye et d’Oman.

Photo : Charles J. Sharp / Wikimedia Commons ; Dohat Arad, Bahreïn, 18 février 2022. CC BY-SA 4.0 ; redimensionnée et recompressée sans recadrage ni modification du contenu. · 1 · https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/

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