
Des actions directes de conservation étaient associées au rétablissement d’espèces réduites à moins de 50 individus à l’état sauvage
Lorsqu’il ne reste que quelques dizaines d’individus d’une espèce animale à l’état sauvage, la sauver peut sembler hors de portée. Pourtant, une nouvelle étude montre que des interventions directes étaient associées au rétablissement des effectifs d’espèces parvenues au bord de l’extinction.
Des chercheurs de l’université Monash et de la Société zoologique de Londres ont rassemblé les données de 147 espèces d’oiseaux et de mammifères dont les effectifs sauvages étaient tombés sous 50 individus à un moment donné depuis 1950. Les résultats ont pu être évalués pour 141 d’entre elles.
Que révèlent les chiffres ?
Parmi les 51 espèces ayant bénéficié d’interventions directes de conservation, 31 ont atteint au moins 100 individus, soit environ 61 %. À titre de comparaison, seules deux des 90 espèces sans intervention directe ont atteint ce niveau, tandis que 33 espèces de ce groupe se sont éteintes.
Les interventions comprenaient la lutte contre les prédateurs introduits, la restauration des habitats, l’élevage à des fins de conservation, les transferts et les lâchers d’individus. Six espèces du groupe ayant bénéficié d’une intervention directe se sont également éteintes.
Le râle de Lord Howe : un retour sur plusieurs décennies
Le râle de Lord Howe, en Australie, figure parmi les exemples examinés dans l’étude. Ses effectifs étaient tombés à environ 23 oiseaux à la fin des années 1970, avant la mise en œuvre de mesures comprenant l’élimination d’animaux introduits, l’élevage et les lâchers. En 2024, la population recensée atteignait 1 638 oiseaux.
Pour les espèces qui se sont rétablies après une intervention directe, le délai médian pour atteindre 100 individus était d’environ 18 ans. Les chercheurs soulignent que ce seuil de 100 individus constitue un repère numérique de comparaison, alors que ces espèces continuent d’avoir besoin de protection ; certaines dépendent encore de soins et d’élevage hors de leur milieu naturel.
Source : étude publiée dans Proceedings of the Royal Society B le 4 novembre 2026.
Photo : Granitethighs / Wikimedia Commons. · 1 · https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/