
Mareca strepera — un canard de surface à tache alaire blanche
Identité et nom
Le Canard chipeau, appelé « al-batt al-sumari » et « sumariya » dans des références arabes, appartient aux Anatidae et à l’ordre des Anseriformes. Le nom scientifique retenu ici est Mareca strepera ; des ouvrages anciens et certaines listes régionales utilisent Anas strepera pour la même espèce. C’est un canard de surface, et non un canard plongeur recherchant habituellement sa nourriture entièrement sous l’eau. De loin, le mâle paraît terne ; aux jumelles, son plumage révèle pourtant un dessin délicat plutôt qu’un gris uniforme.
Identification
Le mâle en plumage caractéristique est gris-brun, finement dessiné sur le corps, avec l’arrière noir et le bec sombre. L’aile porte une tache blanche, accompagnée de zones noires et marron visibles de plus près. Le front est abrupt et le corps un peu plus élancé que celui du Colvert. La femelle est brune et mouchetée, avec les bords du bec sombre orangés ; sa tache alaire blanche apparaît en vol et peut se voir au repos.
Les juvéniles ressemblent aux femelles : l’absence de gris ne suffit donc pas à déterminer le sexe ou l’âge. Après la reproduction, les mâles prennent également un plumage d’éclipse ressemblant à celui des femelles. La tache alaire blanche, le bec plus fin et le ventre clair aident à distinguer le Chipeau du Colvert ; mieux vaut réunir ces caractères que se fier à une seule couleur ou à une photographie lointaine.
Habitat et alimentation
Il fréquente les lacs, mares et marais riches en végétation aquatique, en eau douce et parfois saumâtre, dans des milieux naturels ou artificiels. Il se nourrit généralement près de la surface, basculant vers l’avant pour atteindre les plantes immergées. Feuilles, tiges et graines constituent une part importante de son alimentation ; les invertébrés, dont les insectes et les petits mollusques, prennent davantage d’importance pendant la reproduction. Il peut dérober des végétaux récoltés par d’autres oiseaux, notamment les foulques et les canards plongeurs, lorsqu’ils remontent à la surface.
Comportement et cycle de vie
Il se mêle à d’autres canards et forme des groupes hors reproduction ; des couples peuvent être visibles dès l’automne et l’hiver. La femelle aménage au sol un nid dissimulé dans la végétation et garni de matières végétales et de duvet ; de petits îlots offrent parfois des emplacements favorables. Les données du BTO indiquent une ponte typique de 9 à 11 œufs, incubés par la femelle pendant environ 24 à 26 jours. Les poussins éclosent couverts de duvet et capables de se déplacer ; ils peuvent généralement voler vers 45 à 50 jours. Ce sont des durées de référence, non un calendrier identique pour toutes les populations.
Répartition et migration
L’aire de reproduction couvre de vastes parties de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie, avec une nidification locale dans le nord-ouest de l’Afrique. Les populations septentrionales sont fortement migratrices ; d’autres sont sédentaires ou se déplacent moins loin. En Europe, une mue des rémiges après la reproduction empêche temporairement le vol, avant la poursuite des déplacements. Une présence estivale ne prouve donc pas, à elle seule, la sédentarité ou la nidification sur place.
Présence dans les pays arabes
Le guide des oiseaux d’eau d’Afrique du Nord documente un hivernage au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, en Égypte et au Soudan, sans étendre cette généralisation à la Mauritanie. Il décrit une répartition, non une abondance identique dans chaque pays ou zone humide. La liste libanaise de 2020 le présente comme un hivernant très peu fréquent et irrégulier, de fin octobre à mi-mars.
Au Koweït, c’est un migrateur de passage peu commun et un hivernant peu fréquent ; sa reproduction y a été enregistrée, ce qui interdit d’exclure la nidification dans toute la région. Oman le classe comme un hivernant assez commun. Aux Émirats arabes unis, la liste indique un migrateur et hivernant peu commun à assez commun, mais rarement nombreux. À Dhahran, en Arabie saoudite, les observations le décrivent comme un hivernant peu commun d’octobre à mars : une donnée locale, pas un statut pour l’ensemble du royaume.
Pourquoi fin octobre ?
Cette période correspond à une partie des mouvements automnaux ; au Liban, la fenêtre documentée de présence hivernale commence en fin de mois. Elle ne constitue ni un pic unique dans le monde arabe ni une garantie de présence sur chaque lac. Noter la date, l’effectif et les conditions de l’eau est utile ; observer calmement évite d’interrompre l’alimentation ou de faire abandonner un lieu de repos.
Conservation et pressions
L’évaluation mondiale de la Liste rouge de 2025 classe l’espèce en Préoccupation mineure (LC). Cela n’efface pas les problèmes locaux : l’évaluation mentionne la pollution des eaux, le dérangement lié aux loisirs, la chasse dans une grande partie de l’aire de répartition et l’intoxication par ingestion de plomb en Espagne. Préserver la végétation ainsi que les sites d’alimentation, de nidification et de repos favorise sa conservation ; l’abondance mondiale ne remplace pas le suivi dans chaque pays.
Références
BirdLife International / Liste rouge de l’UICN, évaluation 2025 ; BTO BirdFacts ; Cornell Lab of Ornithology ; U.S. Fish & Wildlife Service ; Smithsonian ; atlas des migrations EURING/CMS ; guide des oiseaux d’eau d’Afrique du Nord, AAO et ONCFS ; liste officielle des oiseaux du Koweït ; Birds of Oman ; liste EBRC des Émirats arabes unis, juillet 2026 ; liste du Liban, Sandgrouse 42, 2020 ; Birds of Saudi Arabia, liste de Dhahran. Informations vérifiées le 26 octobre 2026.
Photo : Gary Kramer / USFWS — Public Domain.