Alors que débute au Liban la migration d’automne des oiseaux, le Middle East Center for Sustainable Hunting and Anti-Poaching (MECSHAP) intensifie son action sur le terrain. Son unité de lutte contre le braconnage (APU), un réseau de chasseurs responsables et ses collaborateurs surveillent les infractions et contribuent à la protection des migrateurs traversant le territoire libanais.
Cette action est particulièrement importante en raison de la position du Liban sur l’une des principales voies de migration des oiseaux entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. La migration d’automne commence généralement fin août et se poursuit jusqu’à la mi-novembre, avec un passage dense d’oiseaux se dirigeant vers le sud et le continent africain.
Pendant la saison, le travail porte sur la surveillance des points sensibles des couloirs migratoires, l’observation, la documentation et le signalement des cas de chasse illégale. Il s’appuie également sur une coordination avec les services de sécurité et les autorités judiciaires compétentes, ainsi que sur une coopération avec les organismes locaux et internationaux chargés de la protection des oiseaux et de la lutte contre le braconnage.
Cette démarche découle d’une vision qui fait du chasseur responsable un partenaire de la protection de la nature et de la pérennité de la chasse. Elle accompagne le Centre depuis sa naissance au sein de la communauté des chasseurs responsables et s’est développée avec le lancement, en 2018, de l’unité APU, bras spécialisé dans la surveillance, la documentation et l’intervention sur le terrain, en coopération avec les institutions officielles et les partenaires spécialisés.
L’unité a poursuivi ses opérations cette année. En juin 2026, ses membres et ceux de CABS ont mené une patrouille commune dans la région de Baalbek-Hermel. Ils y ont recueilli des oiseaux sauvages protégés détenus en captivité et les ont remis dans leur milieu naturel après clarification de leur situation juridique. (Les détails de l’opération conjointe APU-CABS à Baalbek-Hermel sont accessibles depuis la page arabe.)
Les efforts de protection accordent une attention particulière aux rapaces, aux espèces protégées et menacées, ainsi qu’aux grands oiseaux qui traversent le Liban pendant la migration. Des incidents documentés au printemps dernier ont de nouveau montré les risques auxquels ils sont exposés, notamment la mort d’un grand pélican abattu sur la plage d’Amchit alors qu’il passait avec un vol de migrateurs. (L’incident est documenté sur la page arabe.)
L’enjeu dépasse le seul Liban. Au cours de leur voyage, les oiseaux qui traversent son ciel relient plusieurs continents et pays. La sécurité des voies migratoires constitue donc une responsabilité qui franchit les frontières. La coopération entre chasseurs responsables, autorités, communautés locales et organisations spécialisées est au cœur de toute protection efficace de la biodiversité.
Avec le lancement de la migration d’automne 2026, Sayd ouvre ainsi les premiers dossiers de la nouvelle saison : suivre le passage des oiseaux au-dessus du Liban, les dangers et les infractions auxquels ils sont confrontés, ainsi que les efforts de protection et de surveillance. Nous suivrons en parallèle l’encadrement de la saison de chasse et le rôle du chasseur responsable dans la pérennité de sa passion et la protection de la nature où il l’exerce.
Le Liban est un passage pour les oiseaux migrateurs… et protéger ce passage est une responsabilité partagée.

