De chaque vallée, une histoire

Dans les archives de Sayd : un parcours de conscience et de responsabilité, des voix au service de la nature (2016–2024)

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Hunter Rita Habib Al-Shaar — from Sayd magazine’s archive

Préparé par la rédaction

La chasseuse Rita Habib Al-Shaar — archives du magazine Sayd.
La chasseuse Rita Habib Al-Shaar — archives du magazine Sayd.

Depuis sa création, Sayd n’a jamais été un simple espace consacré aux détails d’un loisir et à son équipement. Le magazine a accueilli le dialogue entre artistes, poètes, entrepreneurs et femmes pionnières des activités de plein air autour d’une même règle éthique : respecter la nature, observer la loi et s’opposer à la chasse anarchique.

Nous revenons ici, dans un ordre chronologique documenté, sur quelques-uns des entretiens marquants publiés dans Sayd, témoins de ce long parcours :

Mars 2016 | George Khashan, entrepreneur et chasseur : « La maturité nous pousse à protéger la nature »

Au début de 2016, l’entrepreneur George Khashan proposait une lecture responsable de la relation du chasseur à la nature : la protection du gibier commence par la maîtrise de soi, avant même la crainte des sanctions. Il disait : « Je ne chasse pas de grandes quantités, non par peur de la loi, mais pour pouvoir continuer à chasser et permettre aussi à la prochaine génération de le faire… Il n’existe pas de loi écrite dans la nature elle-même ; c’est nous qui l’établissons par notre éthique et notre éducation. »

Septembre 2016 | L’artiste Nicola Al-Asta : « La chasse est un sport raffiné que l’égoïsme abîme »

À l’automne 2016, le magazine rencontrait l’artiste libanais Nicola Al-Asta. Il évoquait son amour ancien de la montagne et donnait l’exemple d’un artiste qui voit dans le fusil un moyen de contemplation et de calme, plutôt qu’un motif de se vanter de ses prises. Avec sa franchise habituelle, il disait : « Ma mère me considérait comme un chasseur malchanceux… Mais pour moi, la chasse est un art, une école de patience et une manière de retrouver une énergie positive. C’est une école de morale raffinée ; son pire ennemi est la cupidité humaine et l’égoïsme qui la transforment en massacre. »

Août 2020 | L’artiste plasticien Mukhtar Hadi Yazbek : un pinceau qui distingue le chasseur du tireur indiscriminé

À l’été 2020, le magazine relevait une contribution artistique particulière de Mukhtar Hadi Yazbek. Il avait réalisé deux tableaux adoptés par la Société pour la protection de la nature au Liban (SPNL) et le Middle East Center for Sustainable Hunting pour des campagnes de sensibilisation dans la région. Il nous confiait : « Le langage des couleurs franchit les frontières ; avec mon pinceau, j’ai voulu montrer la différence fondamentale entre le chasseur responsable, qui respecte l’équilibre, et celui qui tire sans discernement et s’en prend à la faune sauvage. »

Novembre 2022 | Le poète et journaliste Hani Nadeem : « Ce qui abîme la chasse, c’est le manque de conscience »

À la fin de 2022, le poète Hani Nadeem racontait en profondeur ses sorties en montagne comme un retour aux premières racines de l’humanité, loin des artifices de la modernité. Il disait : « Je redeviens un être humain véritable, sans le maquillage de la vie urbaine… Je suis un fils de la terre et du sol. La chasse est un sport de nobles ; seuls le manque de conscience et l’insouciance envers l’environnement l’abîment, et il faut y répondre par la fermeté et une application stricte de la loi. »

Février 2024 | La chasseuse libanaise Sarah Akiki : « La chasse est une communion avec la terre et un défi vécu avec élégance »

Au début de 2024, le magazine accordait une place particulière aux femmes en interrogeant Sarah Akiki, ingénieure agronome initiée à la chasse dès l’enfance. Elle contestait les idées reçues sur la femme chasseuse : « À l’étranger, une femme ne perd pas sa féminité parce qu’elle chasse ; les femmes chassent depuis la nuit des temps. Ce qui compte pour moi n’est pas le nombre de prises, mais le plaisir de marcher et d’être proche de la nature. Et, comme chasseuses, nous veillons particulièrement à garder la montagne propre et à ne pas abandonner de déchets, bien davantage encore que d’autres. »

Février 2024 | Rita Habib Al-Shaar : « Apprenez des femmes à être chasseurs, pas fanfarons »

La chasseuse Rita Habib Al-Shaar — archives du magazine Sayd.

Le même mois, le magazine racontait l’expérience de Rita Habib Al-Shaar, une mère libanaise qui concilie ses obligations familiales et sa passion pour une chasse encadrée. Elle lançait un appel ferme contre le désordre et la chasse de nuit : « La chasse, c’est la joie, le calme et l’aventure. Sa valeur ne réside pas dans la vantardise qui consiste à publier le nombre d’oiseaux morts, comme dans un crime d’extermination, mais dans la préservation de l’équilibre… Et mon message constant au ministère de l’Environnement est celui-ci : aucune indulgence pour la chasse nocturne et les contrevenants. »

Cette chronologie montre enfin que Sayd n’a jamais été une publication éphémère. C’est une mémoire vivante de l’évolution de la conscience environnementale dans notre société et une plateforme où se sont rencontrés personnalités, intellectuels, entrepreneurs, chasseuses et acteurs de terrain autour d’un principe constant : la chasse est un art, une responsabilité et un véritable partenariat pour protéger la terre.